C’est ici la pièce ?

Je dois aller au Danemark avec quelques personnes du conservatoire, je ne sais pas exactement qui. C’est entre le Danemark et Londres.
Je suis supposée y aller seule d’un côté, mais quand j’arrive à la gare (c’est la gare de Berlin), je croise immédiatement des gens que je connais qui, eux, sont venus en groupe. Nous nous balladons un temps et puis ça passe, l’une des personnes du groupe devient Marin, et puis ils disparaissent tous.
Je marche le long d’un canal, deux ou trois personnes me demandent si "c’est ici la pièce" ?
On se croirait à Venise, la proximité avec l’eau est vraiment étrange. Et je marche vite, inquiète de ma solitude. Suddenly the dream is only in english, I’m doing sort of a report about London, and i’m wearing pink clothes, I’m 45 maybe more. I scream "THIS IS WHAT A LONDON GIRL LOOKS LIKE BIIIITCH !" And someone has a camera... Then I’m at Ene’s house, the house in my dream is completely different than hers, and it’s a place I’ve been before, maybe in another dream. You can recognize a bit of Katy’s place in the kitchen.
Hafida comes and the dream is in french again.
Alors donc !
Hafida est sur une grande table en bois avec moi, nous sommes assises et nous discutons, il y a toujours ce canal, que l’on voit défiler, comme si nous étions sur un bateau sauf que nous ne le sommes pas, rien ne bouge, dans la maison. D’un coup pleins de vaches sont dans l’eau, partout, et nous regardent, certaines saignent énormément, et je dis que j’ai horreur des vaches, Hafida me répond comme si c’était déjà quelque chose que je connaissais, un peu en chantant "mais c’est pas comme si tu pouvais les éviter".
Mon père arrive, et en fait ce qui se passe dehors, le "travelling" auquel on assiste, c’est un reportage sur les vaches empaillées d’Inde qu’il a fait il y a longtemps. S’en suit un reportage qui Timothée a réalisé vers ses quatorze-quinze ans. Nous voyons Hafida, enfant, et toute la famille, c’est Noël chez mamie Thérèse, Papi est là, Maman, Stéphane, Angela n’était pas encore née. Hafida est celle qui est en charge des fruits de mer, elle décortique tout ça a merveille. On voit ma mère qui est très belle et très heureuse. Et tout à coup, alors que le reportage continue, Hafida et moi qui sommes toujours sur la table, assises en tailleurs, nous recevons les fruits de mer qu’Hafida épluche. Aucune réaction, si ce n’est de la mienne de dire vaguement merci à l’Hafida de l’écran. Là-dessus mon père s’écrie "mais merci !!!!!! Merci Maryse !!!!! Merci Maryse !!! Allez, dites le tout de même, merci, Maryse !!!!" On rigole un peu, le reportage se termine sur un plan très mal cadré de Tim mais c’est rigolo de le voir enfant.
J’ai un bonnet qui ressemble à un bonnet de bain, pour être tout à fait exacte, qui ressemble au bonnet de bain ou du moins du souvenir que j’en ai, que Julie avait quand mon père et Jean-Michel faisaient un projet sur les rêves. Celui qu’elle avait quand elle sautait dans la piscine a Cuges. Je suis au bord du canal, avec ce bonnet sur la tête. Et il y a une fille, qui ressemble à Selena Gomez qui a l’air sous ecstasy, et qui me dit quelque chose comme "tu me fascine, j’ai du mal à arrêter de te regarder" et un autre qui rit avec le rire de Roxane quand elle était petite. Je comprends pas vraiment mais je laisse passer. Je me réveille doucement.

Solène Salvat, janvier 2016

9 janvier 2016

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RêveClub ?

Le RêveClub est une collection, un club de rêveurs.

Il pourrait être la bibliothèque idéale de l’amateur de rêve.

Il est moins un projet d’artiste qu’une activité de collectionneur, guidé par une pure fascination pour cette activité humaine, pour le versant poétique, esthétique, littéraire, de cette production spontanée, de ce cinéma autonome, ainsi que des tentatives de témoignage en forme de récits de voyages vécus, bien réels.

Le site internet

Il est conçu comme un morceau de nuit où flottent des mots comme autant de clés pour des associations infinies. Vous pouvez aussi y verser de nouveaux rêves, et devenir ainsi un membre actif du RC si vous choisissez de laisser vos coordonnées.

Les rêves circulent : il vous sera envoyé un texte en réponse, offrant peut-être une proximité avec le vôtre.

Historique

Commencée en 2004, cette collection de récits d’ « anonymes », mélangés à des récits d’écrivains ou de cinéastes comme Queneau, Leiris, Burroughs, Baudelaire ou Fellini, a servi de base textuelle à la compagnie ÇA PEUT ETRE MOI : Jean-Michel Portal, Julie Denisse, Enrico Baradel, Brigitte Négro : jeu / Jean Cohen-Solal : musique / Manuel Salvat : vidéo, installations / Jean Palomba : écritures.

. 2005, Une année de rêves, Médiathèque d’Arles : résidence, lectures, performances, ateliers d’écriture

. 2007, RêveClub, Espace Van Gogh, Arles : installation Manuel Salvat, musique Jean Cohen-Solal

2010-2013,
RêveClub aux Archives départementales 13, Marseille

Un dépôt de la collection, qui constituera probablement la première banque de rêves intégrant des archives publiques, sera consultable à l’automne 2010, aux Archives départementales 13, sur place et en ligne.

Si elle partage avec reveclub.org la même base de récits, son indexation, sur la base d’un questionnaire développé avec des archivistes et un ethnologue, proposera des données contextuelles sur les rêveurs et leur témoignage, envisagés comme des « récits de vie » intéressant, entre autres, chercheurs en sciences humaines et historiens.

Le lancement de cette base de données sera annoncé sur cette page, ainsi que le programme des manifestations associées : nouvelle collecte publique, conférences, lectures, projections, exposition…

Manuel Salvat


Le RêveClub est accompagné depuis 2005 par l’association Zazie, soutenue par le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et la mairie d’Arles.

La création du site Reveclub.org et le programme associé sont soutenus par le Conseil Général 13 et les Archives départementales 13.

Le site Reveclub.org a été conçu et réalisé par Digital Deluxe.


" L’apparence de beauté qui règne dans ces mondes du rêve, que tout homme sait créer en artiste accompli, est la condition même de toute espèce d’art plastique, et aussi, pour une large part, de la poésie. "

Friedrich Nietzsche, La naissance de la tragédie

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